TV et Révolutions arabes

 

Le rôle de la Télévision durant les dernières « Révolutions » arabes


Des dates comme le 17 décembre 2010, le 25 janvier 2011 ont marqué l’actualité arabe. Des régimes politiques entiers se sont effondrés, d’autres risquent le même sort. Pire que cela, le bilan des morts ne cesse d’augmenter. Des âmes, chères, tombent chaque instant, cette situation est vraiment lamentable !

Allumant la télévision censée être une fenêtre sur ce monde cruel, des chaines télévisées se consacrent pour refléter « la réalité », «  véhiculer les cris des peuples », « donner la main aux opprimés ». Cependant leur façon de lancer les nouvelles ne suscite-t-elle pas quelques doutes sur son rôle purement positif ?

 

D’une part, certes, sans médias, toutes ces insurrections ne pourraient jamais connaitre un tel succès pourtant, et toujours à cause des médias, les Arabes ont bel et bien payé la facture trop chère.

La plupart des chaines s’appuient sur des références énormément louches ; le témoignage des gens dont l’indenté est et reste inconnue, des déclarations qui expriment la position d’un groupe restreint, etc.

En outre, chaque peuple a des caractéristiques, des circonstances très particulières. Sans doute la nature des Égyptiens ne ressemble guère à celle des Libyens et vice versa. En Libye, le sang coule incessamment, des chaines comme « Aljazeera » célèbre des victoires chimériques,  soutient des insurgés anonymes sans la moindre preuve !

Honteux ! Inhumain ! cette chaine a fait passer les attaques affreuses du NATO sur la Libye et la destruction qu’elles provoquent sans un commentaire tandis qu’elle réserve de longues heures pour commenter, lamenter mais anticiper les offensives des troupes de Kadhafi alors que dans les deux cas il s’agit d’un sang arabe qui s’écoule !

Loin de là, la majorité écrasante de ces chaines  ne cherche que son intérêt financier. Aussi est-elle créatrice de l’action déclenchant la rumeur sans penser aux génocides provoqués, aux anéantissements engendrés mais aussi à la conscience négligée.

            D’autre part, il est sûr qu’une information fautive pourrait avoir des résultats destructifs non seulement sur le peuple concerné mais aussi sur toute une nation.

Néanmoins, il serait injuste de considérer trompeuses toutes les actualités présentées sur le petit écran.

En premier lieu, les médias couvrent des « révolutions »  aux intentions très nobles dès lors qu’elles revendiquent la dignité, l’égalité ou bien une vie décente pour mieux le dire. Personne ne pourrait ignorer la tyrannie dont souffraient les Égyptiens sous le régime de Moubarak et ses fils qui ont pillé sans ménagement plusieurs  millions voire des milliards de dollar.

En deuxième lieu, la plupart des chaines donne la parole et au régime politique mis en cause, et aux insurgés. Donc, chacun étale sa thèse, explique son point de vue et le jugement ultime sera celui du peuple. C’est, par conséquent, purement démocratique !

Enfin, il faut admettre que le peuple est toujours le maillon le plus faible et de surcroit le plus vulnérable dans l’équation. Il doit avoir alors le soutien non seulement des médias mais aussi de tout le monde. la révolution égyptienne, par exemple, a en effet, été très chanceuse d’avoir une telle couverture télévisée à l’envergure internationale.

Ainsi, une chaine est lancée dernièrement pour toutes les nouveautés sur le territoire égyptien par le  groupe Aljazeera. Cependant, cette couverture ouvre la porte à beaucoup d’interrogations ; pourquoi les violences en Bahreïn n’avaient-elles pas eu droit à telle réputation si on les compare à celles d’Égypte, de Yémen ou de Libye ?

            Allons plus loin que cela, on pourrait se mettre d’accord sur le rôle primordial des médias dans le monde actuel, ce rôle s’accroit d’autant plus que durant les révolutions, toutefois, il faut être rationnel et conscient à la fois en essayant d’être neutre et objectif et de ne véhiculer que la vérité telle qu’elle est sans exagération ni atténuation, en se rendant compte de la sensibilité de l’actualité arabe qui inaugure une nouvelle époque qu’on espère florissante et positive. 

            Pour conclure, nous dirons que, grâce à la télévision, nous avons assisté à la naissance d’une nation arabe qui se penche vers la démocratie. Deux principes, à nos yeux, doivent être respectés par les chaines télévisées qui leur incombe premièrement de refléter l’évènement non de le créer  et deuxièmement et c’est le plus important d’obéir au primat de l’intérêt collectif et non personnel. 

 


 

Wahiba BERKAL

1ère année / G V / 2010-2011

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